Les jardins aujourd'hui

• Un renouveau depuis
les années 80
• Une implantation dans les régions industrielles
• Des jardiniers aux motivations variées
• Un mouvement associatif
dynamique
• Le jardinage,
une pratique en vogue
• Les jardins de la
solidarité





Evolution du nombre de jardins familiaux
1945
700.000
1970
140.000
1980
100.000
1993
150.000
Sources : voir bibliographie



Un jardin dans la ville, Jardins d'Aubervilliers,
© M. Hirschauer, 2003

Un renouveau depuis les années 80

A la fin de la guerre, on comptait environ 700.000 jardins familiaux, dont 250.000 jardins associatifs. Le nombre de jardins familiaux a baissé à partir des années 50, du fait d'une urbanisation croissante et d'une société de consommation naissante ; le retour à une vie normale après la guerre rend également moins indispensable la culture potagère. Ainsi, en 1970, on ne comptait plus que 140.000 jardins familiaux, et 100.000 au début des
années 80.


Le mouvement associatif, la " Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer - Fédération Nationale des Jardins Familiaux ", entame alors une action de sensibilisation des pouvoirs publics. En 1976, une loi prévoit le remplacement des jardins promis à disparition du fait des expropriations. La préparation de la Loi Paysage en 1993 permet également de réaffirmer la place des jardins familiaux dans la politique de l'environnement. Désormais, ces jardins en milieu urbain sont considérés comme des éléments à part entière dans les politiques de la ville, d'urbanisme et d'environnement.

Dans un " Inventaire national des Jardins ouvriers et familiaux ", réalisé en 1993 par la Fédération Nationale des Jardins Familiaux pour le compte de la Mission Paysage du Ministère de l'Environnement, on recense en France environ 150.000 parcelles de jardins familiaux. 120.000 parcelles sont alors gérées par 800 associations rattachées à la Fédération. Parmi ces parcelles, 45 % ont été aménagées depuis 1970, et 30 % depuis les années 80.

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Nombre de jardins associatifs : classement par régions

  1. Ile-de-France
  2. Rhône-Alpes
  3. Nord Pas-de-Calais & Picardie
  4. Haute Normandie
  5. Basse Normandie
  6. Pays de Loire
Source : Inventaire National
des Jardins Ouvriers et Familiaux, 1993


Une implantation dans les régions industrielles

Aujourd'hui, les jardins familiaux sont encore majoritairement implantés dans les régions industrielles où ils ont vu le jour au XIXe siècle. Onze régions dont le Nord Pas-de-Calais, l'Ile-de-France et Rhône-Alpes regroupent 80 % des implantations et superficies de jardins familiaux. Mais on constate que des jardins familiaux se créent dans de nouvelles régions : Pays de Loire et Bretagne notamment.

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Un bout de jardin, Jardins d'Aubervilliers,
© M. Hirschauer, 2003

Des jardiniers aux motivations variées

Toujours d'après l'inventaire national de 1993, les jardiniers qui cultivent ces jardins familiaux ont pour 54 % entre 35 et 60 ans ; 13 % ont moins de 35 ans et 33 % ont plus de 60 ans. Le plus souvent, le jardinier est un homme, un chef de famille qui loge dans un habitat collectif et consacre à sa parcelle une partie de son week-end et parfois ses soirées.

Les enquêtes sociologiques menées à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) identifient deux groupes distincts parmi les ménages logés en habitat collectif souhaitant disposer d'un jardin familial : les ménages d'origine paysanne qui cherchent à compléter leurs ressources alimentaires, et les ménages pour lesquels le jardin familial est un substitut au rêve du pavillon ou de la maison de campagne qu'ils n'ont pu à ce jour concrétiser. Ainsi, aujourd'hui, le jardin familial permet certes d'équilibrer un budget familial par la récolte potagère, mais répond aussi à un désir de cultiver des produits sains, de se rapprocher de la nature ; le jardin familial est vécu comme un espace de plaisir, de liberté.

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Panorama, Jardins d'Aubervilliers,
© M. Hirschauer, 2003

Un mouvement associatif dynamique

La demande de jardins familiaux est forte et il faut en moyenne 2 à 3 ans d'attente pour se voir attribuer une parcelle, dont la taille en Ile de France est d'environ 250 m².

La grande majorité des jardins familiaux sont gérés par des associations, dont un grand nombre sont fédérées par la Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer - Fédération Nationale des Jardins Familiaux. Cette fédération française est elle-même rattachée à la l'Office international du Coin de terre et des jardins familiaux.

D'autres organismes ou institutions sont susceptibles de gérer des jardins familiaux : les villes, les bailleurs sociaux, la SNCF (qui disposait de 20 000 jardins en 1993).

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Panorama, Jardins d'Aubervilliers,
© M. Hirschauer, 2003

Le jardinage, une pratique en vogue

Ce renouveau des jardins familiaux depuis les années 80 est à mettre en relation avec l'intérêt des Français en général pour le jardinage.
Selon une étude de l'Oniflhor réalisée en 2000, en France, on estime qu'une personne sur deux s'adonne à la pratique du jardinage. Le marché du jardin amateur est en hausse constante en France depuis 1997 et le nombre de possesseurs de jardins a lui progressé de 9 % depuis 1992.


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Lilas & pivoines, Jardins d'Aubervilliers,
© M. Hirschauer, 2003

Les jardins de la solidarité

La pratique du jardinage permet de retrouver un ancrage au temps, aux saisons ; suivre l'évolution des plantations jusqu'à l'éclosion de fleurs ou la récolte de fruits et légumes est une activité très gratifiante et favorise les échanges avec les autres. Pour toutes ces raisons, des associations ont mis en place ces dernières années des programmes permettant de favoriser la réinsertion sociale et/ou professionnelle de personnes dites en difficulté en leur proposant la culture de jardins potagers ou ornementaux.
Les expériences sont nombreuses et diverses. Certaines permettent l'embauche de chômeurs de longue durée ou d'allocataires du RMI en CES ou dans le cadre d'entreprises d'insertion ; ces salariés cultivent des fruits et légumes qui sont livrés chaque semaine dans des paniers à des particuliers abonnés à ce service. D'autres expériences sont davantage ancrées dans la tradition des jardins familiaux et proposent à des ménages en difficultés économique et sociale la culture d'un jardin potager, pour équilibrer les ressources alimentaires du foyer tout autant que pour assurer la reprise progressive d'activité et donc la réinsertion sociale.